21 Décembre : départ imminent---------------------- *EPISODE PILOTE*

21 Décembre : départ imminent---------------------- *EPISODE PILOTE*
* ATTENTION ATTENTION, ICI COMMENCE L'HISTOIRE (et pas à la fin : logique !) *




"Paola, c'est l'heure de partir maintenant."
"Oui 'man, j'arrive j'arrive, je finis mon sac !!!"
sprint jusque la salle de bains, bisou au passage à Rémi, vêtu comme un esquimau et planté dans le couloir avec son sac aux pieds depuis quelques 20minutes.

Et puis on y va.
45 minutes de voiture jusque l'aéroport, juste le temps de repenser à tout ce qu'on a oublié :
-Pilou le marsu noir et Paola l'oursonne en pyjama rose
-l'écharpe polaire de Rémi
-crayons de couleur (indispensable pour des lettres chwettes !)
-le pyjama (avec un haut et un bas) en velours de Mr. Rémi, glissé par sa maman dans la valise
et sans doute d'autres choses fondamentales dont je ne me souviens pas...



Arrivée à l'aéroport, achat de Stimorol© (au passage, je ne vous les recommande pas) dans la foulée, car tout voyageur qui prend l'avion doit savoir que macher un chewing-gum durant le décollage et l'arrivée aide à ne pas trop avoir les oreilles bouchées, puis faire la queue pour s'enregistrer sur le vol.
Tout un programme !
Dans la file d'attente, Rémi trouve le moyen d'attacher à son sac d'homme d'affaire (c'est l'effet roulettes) un porte-adresse labellé UM (Unaccompanied Minor), et est à deux doigts de se voir attribuer sur le vol une hotesse de l'air-chaperonne et un livret de coloriage...

Nous frôlons le drame de justesse, mais partons pleins d'allégresse en direction des escalators. Dans moins d'une heure, nous nous envolons pour l'Angleterre, avec dans nos sacs 1kilo de mandarines "bios du marché", de la ratatouille, du riz semi-complet, des sandwiches au roti du boucher, du cake au poisson de la poissonière, car comme dit ma maman, là-bas on aura pas toujours l'occasion de manger komilfo.






Photo de Rémi.
Arrivée à l'aéroport de Montpellier

# Posté le mercredi 04 janvier 2006 17:54

Modifié le jeudi 28 juin 2007 02:53

A tous les passagers pour Londres, embarquement immédiat porte 14...euh....12...enfin, je crois...

J'avais beau essayer d'avoir l'air tranquille, chaque minutes qui me rapprochait du décollage appuyaient avec insistance sur ma poitrine. Gargl...

Et c'était long !

Dans la salle d'attente, après le contrôle douanier, j'ai réussi un instant à me trouver une autre préoccupation, tout aussi stressante finalement qu'un baptême de l'air :

"Est-ce que j'aurai une place près du hublot ?"


Non pasque moi j'y tiens ! .....
On se calme, Pao a l'air optimiste.

En tout cas y'a toute une ribambelle de marmot accompagnés de leur parents qui nous passent devant. Des prioritaires à ce qu'il parait... Mouai !

Scrac ! Le billet est déchiré, on me laisse le petit bout, attestant de mon passage entre les mains des hôtesses. Je marche vite. Pas question de me faire doubler dans le couloir qui mène à l'embarquement !

Je vois de gros bras de taule, tatoués "Aéroport de Montpellier Méditerranée", qui s'avancent dans la nuit. Je m'imagine marchant dans un de ses tunnels suspendu pour me retrouver directement dans l'avion, accueilli par le sourire scintillant d'une hôtesse de l'air.

Bon en fait ça s'est pas vraiment passé comme ça. On est descendu par des escalier pour se retrouver dehors, dans le froid (glacial) à marcher sur un court chemin de bitume délimité par des plots zoranges.

L'avion paraît tout petit !

Mais on rentrera jamais tous là-dedans !!!

...Non pasque dans les film, les avions, ils sont bien plus gros !
Peut-être le double ?


Soudain, Pao part en courant ! Elle contourne l'aile et se dirige vers l'arrière de l'avion. C'était pas prévu... jle sent mal. Mais elle, elle sait où elle va.

Je m'élance à sa suite.
On parvient ainsi à la porte arrière de l'appareil, là où ya moins de monde :)


Je grimpe les marches à toute vitesse. Pao est déjà dedans !
Un gars au sourire pas scintillant me demande mon ptit bout de billet (enfin je crois !). Je le cherche pendant une éternité au fond de ma poche.

Je trouve, je montre, je range, j'avance... Wargh !

...

Premier contact avec l'intérieur. Il fait très chaud, et très jaune. Trois rangées de sièges à ma droite, idem à ma gauche, et un passage tout étriqué au milieu.

"Tu m'étonnes qu'ils arrivent à rentrer autant de monde !"

Faut dire, Ryanair, c'est "The Low Faires Airline". Alors niveau confort, c'est pas le luxe. Mais je ne suis pas là pour chipoter. Je suis déjà suffisament ravi d'être là, dans cet avion :)

Je rejoins Pao, on trouve une place. Moi contre la fenêtre, elle contre moi.

Et nous voilà assis...





Photo de Rémi.
A tous les passagers pour Londres, embarquement immédiat porte 14...euh....12...enfin, je crois...

# Posté le mercredi 11 janvier 2006 14:03

Modifié le mardi 26 juin 2007 02:15

3...2...1.. Décollage !!! *frrrrrrrrrrriouuuuuuuuuuuuu...*

J'avais beau avoir enlevé mon manteau, il faisait une chaleur atroce dans l'avion. Ou bien c'était moi qui angoissait de plus en plus...

Non mais c'est vrai quoi !

VOUS VOUS RENDEZ COMPTE ?


Moi, Rémi minuscule, j'allais bientôt m'envoler !!!...

Ca avait quelque chose de terriblement excitant. J'aurais put en frétiller d'impatience si il n'y avait pas eut toutes ces questions...


"Ca vole ce truc ? .....Non jte dis c'est pas possible ! Ca peut pas voler ce machin !....t'es sûre ? ..."

Et puis tout le monde sait que la pluspart des accidents d'avion se passent au décollage...

Alors bon...


J'étouffais réellement, coincé sur mon siège, et ça ne me rassurait guère.
Moi, hypocondriaque de service, j'avais peur d'avoir un défaut cardiaque ou je ne sais quoi encore qui rendait inapte à supporter un voyage en avion.......

Idiot non ?
N'empêche que j'angoissais...

Et puis comment on fait pour supporter la pression du décollage ? Et celle de l'altitude ?

Et si l'avion se crash quelques instants après avoir quitté le sol ?

Et si il explose avant même qu'on ai quitté la piste ?

Et si une tempête de neige nous tombe dessus ?

Et si ça décolle pas ? On va se crasher au bout de la piste ?

Dis Pao, tu me passes mon Stimorol ? Pkoi pas maintenant ? Steuplé ! :'(


Pas de Stimorol, je lui ai donc broyé la main... oui, il fallait que je sert quelque chose, très fort !

L'avion s'ébranle. On roule !
Par le hublot j'ai l'impression de voir les ailes s'agiter comme des feuilles de papier....
"Ca volera jamais !!!"

Je reste scotché sur le hublot, les yeux grand ouvert, sans jamais lâcher la main de Pao, mâchant furieusement mon cheuwim'gum...

Ca va de plus en plus vite. J'y vois pas grand chose au dehors mais je tiens à contrôler la vitesse. Je me dis que ça va être progressif, et que tout d'un coup on aura quitté le sol.
Je me calme un peu, finalement, c'est pas si terrible...

"Oh là on se dirige juste vers la piste. Ensuite il va accélérer d'un coup !"

"...Ah bon ? Tu crois ?"

...


Je recommence à m'acharner sur mon chewing-gum. L'avion prend un virage et accélère encore. Je sert la main de Pao, terrifié, surexité...






Et puis.... *VRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRAAAAAAAAAAAAOOOOOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU*


oO !!!

Voici la fameuse accélération qui déboule sans crier gare ! Un rugissement terrible, et la lumière qui s'éteind ! Je sursaute et me retrouve collé au siège, pétrifié de peur. Nous sommes plongés dans l'obscurité...

"C'est pas normal ! c'est pas normal ! on va se crasher !"

Le plancher tremble, les fauteuils tremblent, je tremble...

# Posté le mercredi 11 janvier 2006 15:07

Allô ? Roger ?

Allô ? Roger ?
Ma main ne cesse de serrer celle de Pao qui, elle, affiche un sourire radieux. C'est vrai que j'ai peut-être l'air ridicule. Et puis les gens autour de moi, ça ne leur fait ni chaud ni froid de s'envoler...
Le vrombissement emplie mes oreilles. Je ramasse mon courage et jette un coup d'oeil par le hublot... et ce que je vois suffit à balayer toutes mes craintes.


Dehors, il fait noir. Seul point de repère : la lampe fixée à la pointe de l'aile. Quand soudain, un immense brasier s'allume. Ce sont les feux de la nuits. Des centaines, des milliers de lampadaires, de voiture et de maisons, tous illuminés, pour un spectacle grandiose qui dépasse tout ce que j'avais pu imaginer.
On devine le tracé des routes, et puis de minuscules points lumineux qui glissent lentement, presques avalé par le labyrinthe étincellant.

Je regarde plus loin, un autre brasier s'allume... Une autre ville. A chaque seconde, mon regard porte sur quelques kilomètres supplémentaire. Je m'extasie soudain en voyant luire un petit truc vert : un stade de foot ! De la taille d'un ballon du même nom !
Mais qu'est-ce qu'on est haut !!!

Je sautillais sur place, faisant des allé retour frénétique entre les yeux de Pao et le double vitrage du hublot.
D'ailleurs je tiens tout de même à me plaindre de la position des hublots ! Ils sont bien trop bas ! Je me suis tordu le cou à devoir me baisser pour assister au spectacle du dehors !

Et quel spectacle !
A présent, l'horizon s'arondissait en tâches de lumières éparpillées sur une toile de nuit d'un noir impénétrable...

Je cessais de m'extasier, je ne trouvais plus de mots, surtout quand j'aperçu un nouveau stade de foot.... de la taille d'un timbre poste cette fois-ci...


Le voyage ne faisais qu'à peine commencer et j'étais déjà ébété d'émerveillement.
Oui je sais, on va dire que je m'émerveille facilement...


Et ben ça me plaît !




Photo de Pao.
T-shirt de Rémi en guest star, au beau milieu.

# Posté le mercredi 11 janvier 2006 15:15

Modifié le mardi 26 juin 2007 02:16

Dis Maman, pourquoi j'ai pas des ailes moi aussi ?

Dis Maman, pourquoi j'ai pas des ailes moi aussi ?
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J'ai toujours aimé les avions. Surtout quand ils décollent. Cette manie furieuse qu'ils ont de vouloir traverser les fuseaux horaires et faire des pieds de nez au temps, qui passe à l'envers ou trop vite, d'étonner avec leur gros ventre et leur museau rond, leurs ailes pas si longues que ça, de quitter le sol malgré leur lourdeur.

Le premier que j'ai pris, c'était aussi vers l'Angleterre qu'il allait, je crois. Voyager comme les oiseaux, ça m'a toujours fascinée. En maternelle, ma plus grande ambition était d'acheter suffisamment de ballons qui-tiennent-en-l'air-tout-seul (gonflés à l'hélium) pour pouvoir m'envoler, alors là, évidemment, c'était le rêve. J'avais pris pleins de photos avec mon p'tit Kodak jetable, que j'avais sans doute à moitié vidé avant même d'avoir quitté l'aéroport français. Ce jour là le ciel était constellé de cummulonimbus et j'étais persuadée que ça serait génial, que quand on les traverserait y aurait comme du coton sur les ailes de l'avion, mais ça n'a pas été le cas, et pour le dire franchement j'ai été un peu déçue quand j'ai vu que, non, même pas de la barbapapa, n'empêche que c'était quand même super et qu'il faudra que je retrouve les photos...

Mon second avion était pour la Grèce, me semble, alors que j'étais en primaire.
Entre temps j'avais appris que les avions ça pouvait s'écraser ailleurs que sur les "menus de sécurité" (mais si, ces cartes sous plastique où on explique qu'il ne faut pas avoir de talons aiguilles pour faire du toboggan d'urgence, et où sont placés les masques à gaz...), je pensais qu'on allait avoir des problèmes d'incendie ou d'essence, et comme personne ne me croyait j'avais décidé de rédiger un p'tit carnet de vol, témoignant des incidents, et expliquant mes intuitions à propos du crash.


Mais, cette fois, j'ai trouvé encore plus merveilleux qu'un simple voyage en avion : un voyage en avion avec Rémi à côté.
C'est fou ce que j'avais hate, c'était ma seconde première fois. Et, pour que ce soit parfait, je Voulais qu'on ait NOTRE hublot rien qu'à Nous.

Et ça n'a pas été simple.
"Désolée mademoiselle, ces places sont réservées"
"Mais Pao, on est au dessus de l'aile, on voit rien !"
"Regarde Pao, on a encore un bout d'aile dans notre champ de vision !!"
"Oh, Pao, le monsieur nous prend notre place !!!"


Mais on a fini par y arriver.
Un joli hublot bien dessiné, dans un rang très respectable, avec une fille de ma classe de littérature et son copain juste devant nous, mon ancienne prof d'anglais avec son bébé à quelques pas de là.
Le dépaysement total :-)

Nous avons eu un décollage mémorable (ma trop petite main peut en témoigner) : quand Rémi s'émerveille tout paraît d'autant plus spectaculaire. Nous avons dominé le moooonde entier... ou juste un p'tit bout de la France... mais quelle importance, au fond ! Les agglomérations étaient des toiles d'araignée enguirlandées, les villages des constellations, les routes des chemins de lumière, des pointillés émergeant ça et là de la nuit.

Et, avant même qu'on s'en soit rendu compte, on a commencé à amorcer la descente.

Les ampoules redeviennent des lampadaires, les stades de foot sont grands comme des cages, nous évitons de justesse la tour de contrôle... et gagnons la piste d'atterissage.
"Ca y est, on a atterri ?"_____BAM !!! fffrrrrrrtttt...gniiiIIIiiiii

"Oui, on a atterri :-)"





Il est 7:55 PM heure locale.
Il fait environ 46,4°Farenheit, température extérieure.
BIENVENUE EN ANGLE-TERRE.

# Posté le mercredi 11 janvier 2006 16:03

Modifié le jeudi 12 janvier 2006 18:04